L’exposition Mémoire active réunit sept artistes majeurs de la scène chinoise contemporaine et propose une lecture renouvelée de l’héritage culturel chinois. Loin d’opposer passé et présent, les œuvres présentées montrent que la tradition ne disparaît pas avec la modernité. Elle se transforme, se prolonge, se réinvente.
Huang Rui, Zhang Dali et Yang Yongliang incarnent différentes manières d’activer la mémoire. Huang Rui ouvre le dialogue en revisitant le langage et la pensée chinoise à travers ses compositions. Zhang Dali fait de son environnement une matière vivante pour interroger l’histoire en mouvement. Yang Yongliang transpose le paysage classique dans un univers numérique où les montagnes sont faites de pixels et de lumières urbaines.
La modernité technologique s’exprime pleinement dans l’œuvre d’aaajiao figure centrale de la nouvelle génération et dont les œuvres font partie des collections du Centre Pompidou. Son installation typeface utilise un réseau neuronal entraîné sur des calligraphies anciennes pour générer des caractères qui ressemblent à une langue mais ne signifient plus rien. Ce geste met en scène la transmission autant que la perte. Li Hongbo, de son côté, choisit le papier, matériau ancestral, pour créer des sculptures flexibles inspirées notamment des pierres Taihu, ces pierres de lettrés très recherchées sous la dynastie Song.
Liu Bolin et Zelam Lim ferment la marche en réintroduisant le corps et la nature comme terrains de réconciliation. Les sculptures de Liu Bolin interrogent visibilité et effacement dans une société saturée d’images. Les œuvres de Zelam Lim convoquent matière, mythe et organicité pour relier l’intime et l’héritage.

