• Depuis déjà quelques décennies, l’art s’est approprié le plus grand musée du monde : la rue.
    La Ville de Paris s’empare du sujet et accueille, à partir du 15 octobre, dans la salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville, une grande exposition sur l’histoire du mouvement. À travers les créations de plus de 70 artistes, des œuvres de collections prestigieuses, des documents d’archives, des interventions in situ, des réalisations hors-les-murs à l’échelle de toute la ville, l’exposition "CAPITALE(S)" dresse un panorama riche et pointu de ce mouvement et de l’importance de la scène parisienne dans son développement sur plus de soixante années d’histoire.

     

    « Si sa légitimité s’est déployée sous la plume des journalistes et au sein des musées, l’art urbain est bien né dans la rue. L’art urbain est le mouvement artistique le plus important du XXIe siècle. L’histoire de l’art est en marche sous nos yeux en particulier à Paris, l'une des scènes les plus importantes de ce mouvement artistique.»
    - Madga Danysz
     

  • Commissaires : Magda Danysz, Elise Herszkowicz, Nicolas Laugero Lasserre et Marko 93. Artistes : 9ème Concept, André Saraiva, Ash, Blek...
    Jacques Villeglé, Alphabet socio-politique - Mai 2022, Paris

    Commissaires : Magda Danysz, Elise Herszkowicz, Nicolas Laugero Lasserre et Marko 93.


    Artistes :
    9ème Concept, André Saraiva, Ash, Blek Le Rat, C215, Clet, Cristobal Diaz, Da Cruz, Dize, Dran, eL Seed, Ella & Pitr, Ernest Pignon-Ernest, Futura, Gérard Zlotykamien, Greky, Invader, Jacques Villeglé, Jayone, Jean Faucheur, Jef Aerosol, Jerk, Jérôme Mesnager, JonOne, JR, Kashink, Kraken, L’Atlas, Lazoo, Lek & Sowat, Les Francs Colleurs, Levalet, Lokiss, Ludo, Madame, Mambo, Module de Zeer, Mosko, Nasty, Pest, Philippe Baudelocque, Popay, Psyckoze, Rero, Romain Froquet, Sang9, Saype, Sébastien Preschoux, Seth, Shepard Fairey, Shoe, Skki, Speedy Graphito, Sunset, Swoon, Tanc, Tarek Benaoum, Vhils, Vision, VLP, YZ & Zevs.

     

  • « Je me rappelle que Picasso disait déjà qu’on pourrait faire des tableaux rien qu’avec des signes typographiques. »
    - Jacques Villeglé

  • Paris, écosystème historique de l’art
    Gérard Zlotykamien, rue Condorcet, Paris, 1984 - Photo: Rosine Klatzmann

    Paris, écosystème historique de l’art

    Riche de son passé, Paris incarne aussi l’histoire de l’art en marche, celle qui s’écrit sous nos yeux. Cette ville où Gertrude Stein recevait il y a près d’un siècle dans son salon de la rue de Fleurus les jeunes talents qu’étaient Picasso et Hemingway bouscule à nouveau les codes de la création.

     

    Depuis quelques décennies, une révolution visuelle est à l’œuvre. Elle dérange comme ont pu le faire les impressionnistes puis les cubistes en leur temps. D’aucuns ont du mal à y voir de l’Art. Et pourtant, il s’agit ici de la forme artistique la plus importante du XXIe siècle, et une fois de plus, la capitale a joué un rôle extrêmement important dans l’émergence de ce mouvement trop souvent réduit à ses origines américaines. Croiser les Picasso des temps modernes au quotidien, les voir à l’œuvre dans nos rues et nos lieux d’expositions, est une chance qu’il ne faut pas laisser passer.

     

    Paris, écosystème historique de l’art, joue deux rôles prépondérants dans l’histoire de l’art urbain. Tout d’abord, en tant que cité de patrimoine et d’art, la ville inspire par la richesse de son patrimoine et de ses expositions les nouvelles générations qui y apparaissent. Mais au-delà de ces artistes dont la vocation émerge sur son sol, Paris est aussi une terre d’accueil qui, au cours de l’histoire du mouvement, a attiré des créateurs venus de tous bords. Cette mise en relation a permis de renouveler, au contact des talents locaux, la pratique et d’enrichir les formes d’expression originelles, qu’elles soient d’outre-Atlantique et plus marquées par le graffiti, ou européennes et plus proches du pochoir.

     

    Du fait de ce double mouvement de va-et-vient d’artistes venus d’ici et d’ailleurs, Paris s’impose à travers les décennies comme une des capitales incontournables et pérennes de l’art urbain. Rares sont les villes qui, dans ce mouvement réellement mondial, ont autant compté et offrent un tel récit jamais interrompu.

  • « La place de Paris dans ce mouvement est majeure. Elle fait partie d’un axe New York - Berlin où notre capitale occupe une place centrale. Ce qui caractérise à mon sens la scène parisienne est la grande diversité des talents et des formes d’expression : sticker, graff, tag, collages, vandale, sculptures, art textuel, politique, etc., et des lieux où elles se manifestent : catacombes, métro, trains, rue, etc. Un territoire si vaste qu’il a fallu développer une vision quasi stratégique d’envahissement comme le font Invader ou Azyle. Cet aspect a favorisé à mon sens une porosité des styles et des influences renforcée par l’arrivée bénéfique de nombreux artistes étrangers. »
    - Jean Faucheur

  • ASH, Vintage Portrait, 1985 - Stalingrad, Paris
  • DE NEW-YORK à STALINGRAD

    Bando, Untitled, 1984 - Collection Gallizia Paris

    DE NEW-YORK à STALINGRAD

    L’année 1982 marque symboliquement le début du graffiti en France avec l’arrivée de Bando puis l’organisation du New York City Rap Tour. Cette même année, de Paris à Los Angeles, en passant par Lyon, Strasbourg ou Londres, le New York City Rap Tour quant à lui présente les stars américaines du graffiti. À l’aune de voyages aux États-Unis pour certains, avec les premiers livres publiés pour d’autres, le phénomène graffiti prend toute son ampleur et le Hip Hop, véritable culture contemporaine déferle sur Paris et ses environs.

     

    Quittant les lieux de leurs débuts, palissade du chantier du Louvre ou quais de Seine, les pratiquants de la première vague cherchent de nouveaux espaces, plus vastes et tranquilles. C’est ainsi qu’émerge l'un des premiers lieux mythiques français, ou Hall of Fame, le terrain de Stalingrad. Défriché par le graffeur Ash, il devient le spot incontournable du graffiti français jusqu’en 1989.

    L’année 1986 marque l’apogée de Stalingrad avec des regroupements massifs et moments historiques d'émulation artistique comme lorsque le fameux DJ Dee Nasty y apporte ses platines et mixe en direct pendant que les graffeurs réalisent leurs œuvres. La même année, le photographe américain Henry Chalfant, de passage à Paris, immortalise Stalingrad dans le livre culte Spray Can Art et écrit ainsi les premières pages de l’histoire du graffiti français.
  • Futura, Untitled, 1988, Paris - Collection Gallizia Paris
  • De l'ombre à la lumière

    Futura, Untitled, 1984 - 65 x 54 cm - Private Collection - Courtesy Danysz

    De l'ombre à la lumière

    A l’orée des années 1990, le graffiti est marqué par une très forte répression. Peu à peu, au sein même du mouvement et entre ses praticiens, se met en place une opposition fondamentale. A l’instar de ce qu’évoque déjà le film culte américain "Wild Style" en 1984, le débat fait rage entre les tenants du vandalisme et les partisans d’une approche artistique. Ces derniers revendiquent de ne pas centrer leur pratique sur le lettrage exécuté à la bombe et de réaliser des œuvres d’atelier exposées sous les feux des projecteurs.
     
    Comme la répression fait également rage aux États-Unis, des talents tels que Futura, A-One ou encore Rammellzee acceptent la reconnaissance du milieu artistique européen et viennent à maintes reprises présenter leurs œuvres en galeries et en musées à Paris. Dans leur sillage, JonOne, tenant lui aussi de cette orientation plus artistique, ira même jusqu’à s’installer définitivement dans la capitale et y exposer très régulièrement.

    « Mon travail, c’est avant tout une énergie. Mes images ne sont pas figuratives ou graphiques, c’est plutôt le journal intime de ma vie. […] J’ai appartenu à ce mouvement qu’on appelle graffiti. Et cela a été un long chemin d’implication, et de discipline pour parvenir à peindre comme je le fais. J’ai travaillé dur, mais toujours avec ce doute, savoir si mon travail serait ou non accepté. »
    - JonOne

  • André Saraiva, Untitled « Je peins avec mon sang », 1997 - Collection Gallizia Paris
  • VHILS, Camada Series #04, 2018 - Courtesy Danysz

     
  •  « Les murs absorbent ce qui se passe autour d’eux, leurs épaisseurs font écho à l’histoire d’un lieu.
    Comme chaque ville a sa propre histoire, tous les murs sont uniques.
    Je crée des dialogues avec eux.
    »
    - VHILS

  • le renouveau de l'art urbain
    YZ, Open Your Eyes, 2009 - Acrylic on canvas - 73 x 59 cm - Courtesy Danysz

    le renouveau de l'art urbain

    Depuis l’éclosion de nombreuses nouvelles pratiques à l’orée des années 2000, le graffiti de la première heure, bien qu’il soit encore très présent, apparaît désormais comme un chapitre d’ouverture à un mouvement bien plus vaste. A partir de 2007 s’impose peu à peu, et non sans débats, la dénomination de Street Art. Le mouvement est avant tout caractérisé par le foisonnement de pratiques des nouvelles générations.
     
    Parmi tous les talents qui s’expriment à Paris, certains choisissent le verbe, tandis que d’autres axent leurs recherches autour de la figuration. Héritier du lettrage tout en le renouvelant, les premiers explorent le mot soit en travaillant la pure forme des lettres jusqu’à les rendre presque abstraites (Lek et Sowat, L’Atlas, Romain Froquet), soit en délivrant des messages empreints de sens (Rero, eL Seed).
     
    Engagés à raconter des histoires et témoigner de parcours, les seconds (Seth, Tarek Benaoum, YZ, Ludo, Dran) sont plus illustratifs. Pour tous, les techniques sont très variées. Elles incluent l’installation ou encore la vidéo, se déploient en intérieur ou en extérieur, dans des lieux abandonnés ou au contraire accessibles au regard du public.
     

    « Je peins dans l’espace public des personnages qui peuvent pousser le spectateur à découvrir la ville autrement. Le choix de peindre des enfants, au-delà du fait qu’il y en ait beaucoup dans la rue, permet de parler à tout le monde, adultes compris. Cela permet d’aborder des sujets sérieux et compliqués d’une manière plus innocente, sans qu’on s’en aperçoive.»
    - SETH

  • L'ATLAS - Art Azoi 2016 - Rue Henri Chevreau - Copyright BYNDR
  • CAPITALE(S) en quelques mots

    André Saraiva, Mr A. Cobalt Blue, 2017 - Painted Baked Ceramic - 400 x 80 cm - Courtesy Danysz

    CAPITALE(S) en quelques mots

    CAPITALE(S), 60 ANS D'ART URBAIN À PARIS
    Salle Saint-Jean de l'Hôtel de Ville de Paris
    Du 15 octobre 2022 au 11 février 2023
    Entrée gratuite sur inscription, du lundi au samedi, de 10h à 18h30 (Sauf jours fériés)

    Plus de 70 artistes
    300 œuvres, 30 réalisations in situ spécifiques à l'espace, des archives rares, des vidéos témoignages d'artistes
    Une exposition gratuite,  visible de tous, avec de nombreux événements extérieurs associés.
    Un programme ludo-éducatif, des conférences, des contenus augmentés (carte interactive, podcasts, etc.)
    Un catalogue de 240 pages, édité dans le cadre de l'exposition chez Gallimard  (Alternatives)




  • VHILS, Overexposure Series #03, 2020 - Installation with structure of welded tubes (TIG) covered with stainless steel sheet, T8 tubular light bulbs, steel cables, metal rods, Arduino microc - Height 400 cm - Courtesy Danysz
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