• MARION PECK, VHILS, ERWIN OLAF, ICY AND SOT, DAVID MORENO, JAMES MCNABB, LI HONGBO, MALEONN, YZ

    MARION PECK, VHILS, ERWIN OLAF, ICY AND SOT, DAVID MORENO, JAMES MCNABB, LI HONGBO, MALEONN, YZ

    Le besoin physiologique du sommeil, malgré ses variations dans le temps et l’espace, est demeuré constant à travers l’histoire. Le discours sur le sommeil quant à lui change selon les conditions culturelles ou politiques. Dans Speak, Memory, Vladimir Nabokov en rejette la notion même : « […] je ne peux simplement pas m’habituer à la trahison nocturne de la raison, de l’humanité et du génie. »

    Danysz Gallery présente Night Talks, une exposition en ligne où les œuvres font allusion aux processus de réflexion qui peuvent avoir lieu la nuit. Des travaux de neuf artistes sont présentés conjointement pour réactiver l’imaginaire nocturne. 

     

    Quand vous veillez la nuit, que voyez-vous ? Peut-être des contours de bâtiments, des visages endormis ou éveillés ? Vous êtes calme peut-être, ou agité. Il y a cette pensée récurrente, comme le souvenir du visage de quelqu’un qui occupe votre esprit (ou des fragments d’un visage se fondant dans l’arrière-plan noir, comme dans Defragmentation 5, par Vhils) — mais de manière générale la nuit est le temps des rêves ; la légèreté, les plumes qui se rapporte aux oreillers, à la douceur – comme c’est le cas dans White on White 3, par Maleonn.

    La nuit est souvent le moment où les artistes deviennent actifs et s’adonnent à leur « labeur nocturne » (Nabokov). La nuit, le point de vue sur la réalité change. Ce léger changement de perception permet l’altération d’un narratif.

    Les objets paraissent différents ; parfois allongés, comme les maisons de David Moreno, et parfois courbes, comme dans Control C par James McNabb. Cette conception de l’insomnie comme étant productive à la fois conceptuellement et intellectuellement vient à l’encontre de la conception traditionnelle du sommeil qui se rapporte à la productivité économique du modèle capitaliste ; avec l’état de veille « le lieu de travail est partout ; le temps du travail est tout le temps. » (Blanchot)

  • Au cours de l’année passée, le regard des artistes, comme pour beaucoup d’entre nous, s’est tourné vers l’intérieur, leur champ de vision se trouvant affecté par une exposition réduite au monde extérieur.

  • Cela est allé de pair avec une observation prolongée de leur cadre de vie. Dans son œuvre Kyoto, room 211,...

    Cela est allé de pair avec une observation prolongée de leur cadre de vie. Dans son œuvre Kyoto, room 211, Erwin Olaf dépeint et exemplifie la relation entre la figure humaine et son environnement. Souvent ses compositions ne comportent qu’une seule personne. La jeune femme est étendue sur le lit, sans dormir. Son insomnie révèle une tension qui indique un conflit entre ses désirs et son champ des possibles dans un contexte social donné. In Waiting, La Défense 2,une femme, absorbée par ses pensées, est assise dans la pénombre d’un café. Il y a une lenteur retrouvée. Il est tard. On fixe sa silhouette alors qu’elle embrasse du regard son environnement, prenant la mesure de l’espace qui l’entoure. Ses yeux introspectifs sont tournés vers un objet inconnu. Son esprit occupé par une conversation intérieure, un aparté silencieux, qui suggère l’intimité. Barry Dainton nous éclaire sur notre perception de l’immobilité et du passage du temps par rapport à nous-mêmes : « Que le temps passe, cela semble évident. Nous vivons nos vies dans le présent, mais le présent est toujours en mouvement. » A l’inverse, les partisans de l’Univers-bloc pensent que ce qui nous apparaît comme le présent est changeant, « mais, insistent-ils, ce passage temporel se borne aux apparences ; il n’y a rien en réalité qui lui correspond. » Quand le temps s’arrête la nuit, le subconscient occupe le devant de la scène. Les sculptures de Li Hongbo nous découvrent un sens poétique d’un genre nouveau : la tête de la petite fille (Little Girl) se plie dans une contorsion irréelle. Réalisée en papier sur plusieurs heures, la nature répétitive du procédé se rapporte autant au temps qu’elle se rapporte à la technique.

  • oeuvres à vue

    • Yz Women from another century LIX, 2014 ink on wood 200 x 100 cm
      Yz
      Women from another century LIX, 2014
      ink on wood
      200 x 100 cm
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    • Maleonn White on White 3 Inkjet print on Fine Art paper 60 x 90 cm Edition of 4
      Maleonn
      White on White 3
      Inkjet print on Fine Art paper
      60 x 90 cm
      Edition of 4
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    • David Moreno, Comunidad El dorado 03, 2019
      David Moreno, Comunidad El dorado 03, 2019
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    • David Moreno Loop V, 2020 Carbon Steel, Silver, Paint 33 x 29 x 55 cm 13 x 11 3/8 x 21 5/8 in
      David Moreno
      Loop V, 2020
      Carbon Steel, Silver, Paint
      33 x 29 x 55 cm
      13 x 11 3/8 x 21 5/8 in
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  • « Ceux qui rêvent de jour ont connaissance de beaucoup de choses qui échappent à ceux qui rêvent seulement de...

    « Ceux qui rêvent de jour ont connaissance de beaucoup de choses qui échappent à ceux qui rêvent seulement de nuit. »

    Edgar Alan Poe

    En peignant Owl Dream, Marion Peck a établi une perspective unique sur la nuit. Il y a le lit solitaire placé dans un jardin, et il y a elle, qui rêve. Le paysage de ses fantasmes a quelque chose d’inéluctable. Ce genre de rêverie perpétuelle brouille les lignes entre le rêve et l’état de veille. L’imagerie est hallucinatoire ; rendant difficile la distinction entre le sommeil et la conscience éveillée.

  • « Chaque nuit, tout le monde descend à travers le sommeil dans l’autre monde, et converse là-bas, en rêve, avec les esprits. Les égos modernes n’attachent aucun prix à ces conversations, et elles tombent dans l’oubli. Mais quiconque se souvient régulièrement de ses rêves y trouve une source d’émerveillement.»

    —Marion Peck

     

  • oeuvres à vue

  • « J'aime travailler pendant que le reste du monde dort. La vie est plus calme et ininterrompue. Les heures de jour sont consacrées au travail à la machine, et le soir, la spontanéité, l'expérimentation et la créativité s'épanouissent dans mon studio. »

    —James McNabb

  • « Nous sommes complètement des oiseaux de nuit. Nous faisons fuser les idées la nuit en revenant du studio, quelquefois cela nous conduit à échanger et à développer ces idées toute la nuit. La plupart de nos idées nous viennent tard dans la nuit.»

    Icy and Sot

  • Avec le mouvement, les statues en papier de Li Hongbo se réveillent

    Crédits: Kid Guy Collective