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Legendary Lines
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Legendary Lines

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  • « Legendary Lines » s'inscrit dans une programmation que la Galerie Danysz consacre cette année à l'art urbain, avec plusieurs...

    « Legendary Lines » s'inscrit dans une programmation que la Galerie Danysz consacre cette année à l'art urbain, avec plusieurs éclairages successifs sur ce mouvement. Elle n'en retrace pas l'histoire : elle s'ouvre sur les figures des années 1980 et les met en dialogue avec des artistes plus contemporains.

    Ce qui les réunit, c'est le trait. Avant les murs, les formats et les noms, l'art urbain s'est construit sur un geste : une ligne qui se reconnaît d'un coup d'œil, qui se répète, qui se transmet. C'est ce fil que l'exposition choisit de suivre.

    Le titre joue d'ailleurs sur les sens du mot « lines ». La ligne plastique, d'abord : le tracé qui rend chaque artiste identifiable. La ligne comme cap : une démarche tenue dans la durée, parfois à contre-courant. La ligne qui fait mouvement : celle que ces artistes ont tracée les uns après les autres, jusqu'à installer l'art urbain dans le paysage artistique. Et, plus légèrement, les lignes de métro, qui structurent la ville et nos trajets, et sur lesquelles beaucoup ont commencé à peindre.

  • A-One, The Babylon System, the Prophet Rides Again, 1985
    Artworks

    A-One

    The Babylon System, the Prophet Rides Again, 1985
    Spraypaint on canvas
    206 x 295 cm
  • A-One, de son vrai nom Anthony Clark, né en 1964, fait partie de la génération de writers new-yorkais qui a découvert très tôt le monde de l'art. Il est connu pour avoir cotoyé Jean-Michel Basquiat. Sa peinture mêle le portrait, l'écriture et le graffiti dans des compositions denses et colorées.
    Dans cette toile de 1985, un profil orangé se détache d'un fond saturé de couleurs, entouré de phrases : « The Babylon System », « Lion of Judah », « The Prophet Rides Again ». Ces références au reggae et au rastafarisme rappellent que le graffiti est aussi une manière de porter un message. Ici, la ligne est une ligne d'écriture : elle court à travers la toile, elle raconte autant qu'elle décore. A-One est présenté pour montrer cette dimension du mouvement, souvent moins connue du grand public : une parole, une conviction et une culture musicale, inscrites dans le même geste.

    • Dondi Untitled, 1980 Spray paint and marker on board 182 x 70 cm 71 1/2 x 27 1/2 in
      Dondi
      Untitled, 1980
      Spray paint and marker on board
      182 x 70 cm
      71 1/2 x 27 1/2 in
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    • Futura Untitled, 2000 Acrylic and spray can on canvas 182 x 240 cm 71 1/2 x 94 1/2 in
      Futura
      Untitled, 2000
      Acrylic and spray can on canvas
      182 x 240 cm
      71 1/2 x 94 1/2 in
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    • Futura The Teslacord, 2006 Spray paint on canvas 91 x 91 cm 35 7/8 x 35 7/8 in
      Futura
      The Teslacord, 2006
      Spray paint on canvas
      91 x 91 cm
      35 7/8 x 35 7/8 in
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    • Rammellzee Backjump, 2005 Collage and spray paint on canvas 105,5 x 296 cm
      Rammellzee
      Backjump, 2005
      Collage and spray paint on canvas
      105,5 x 296 cm
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  • Futura, Crime Buster, 1983
    Artworks

    Futura

    Crime Buster, 1983
    Acrylic and spray can on canvas
    132 x 237 cm
    52 x 93 1/2 in
  • Futura, de son vrai nom Leonard McGurr, né à New York en 1955, est l'un des artistes qui a fait basculer le graffiti vers l'abstraction. Il commence à peindre sur les rames du métro new-yorkais dans les années 1970 et, vers 1980, il décide de ne plus écrire de lettres sur les trains mais d'y peindre des compositions libres, faites de lignes, d'orbites et de nuages de couleur. Ce geste, qui peut sembler simple aujourd'hui, était une rupture : il montre que l'art né dans la rue n'est pas réservé à l'écriture du nom. En 1981, il peint en direct derrière le groupe The Clash lors de leur tournée, et il est très tôt exposé dans les galeries new-yorkaises.
    "Crime Buster", peinte en 1983, appartient à cette période où Futura transpose sur la toile ce qu'il a inventé sur les trains. Des nuages de vert, de bleu et de jaune acide, obtenus à l'aérosol, servent de fond à des cercles, des spirales et de fines lignes noires qui semblent flotter dans l'espace. Le trait n'est plus une lettre : il devient un mouvement libre. C'est pour cela que cette œuvre ouvre l'exposition. Elle montre que, dès les années 1980, un artiste issu du writing avait déjà inventé un langage plastique à part entière.

  • Dondi, Untitled, 1984
    Artworks

    Dondi

    Untitled, 1984
    Spraypaint on canvas
    131 x 241 cm
  • Dondi White (1961-1998) est une figure centrale du writing new-yorkais. Il est l'un des grands maîtres de la peinture sur les rames de métro, connu pour ses « masterpieces », ces wagons entiers peints du sol au toit, dont la série « Children of the Grave » à la fin des années 1970. Il apparaît dans le film Style Wars (1983), qui a fait connaître cette culture au-delà de New York. Son travail est reconnu pour la maîtrise des lettres, des courbes et des couleurs.
    Cette toile de 1984 est particulièrement parlante pour notre propos. On y voit, sur un fond de nuage noir, trois fronts de rames avec leurs phares, ainsi qu'une flèche bleue qui file vers la droite. Le métro, support originel de ces artistes, devient ici le sujet de l'œuvre. C'est aussi un témoignage du moment où le writing passe du train à la toile. Elle est là pour rappeler d'où vient le mouvement, et pour faire le lien avec la ligne de métro évoquée par le titre.

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  • Invader, Alias BSL-12, 2014
    Artworks

    Invader

    Alias BSL-12, 2014
    Mosaïque sur plexiglass
    39,7 x 35 cm
  • Invader, CAMO-XL_4C_M2,, 2026
    Artworks

    Invader

    CAMO-XL_4C_M2,, 2026
    ceramic on panel
    220 x 300 cm
    86 1/2 x 118 in
  • Un Space Invader blanc se tient au centre d’un fond brun, parsemé de plaques turquoise et crème qui dessinent un...
    Invader
    CAMO W-3C-M1, 2021
    Ceramic mosaics on panel
    47.4 x 49.8 cm
    18 5/8 x 19 5/8 in

    Un Space Invader blanc se tient au centre d’un fond brun, parsemé de plaques turquoise et crème qui dessinent un motif de camouflage. L’envahisseur, sans cesse repérable par sa forme, se fond pourtant dans le décor, comme s’il se cachait à la vue de tous.

    Cette œuvre appartient à la série « Camouflage », commencée en 2023 : Invader y place sa figure emblématique au milieu de motifs militaires. Le choix est riche de sens. Le camouflage numérique de l’armée est lui aussi fait de pixels, et il suggère l’idée d’infiltration, au cœur de la pratique de l’artiste, qui installe ses mosaïques dans la ville sans autorisation. La mosaïque devient ici un jeu de cache-cache entre l’image et son environnement.

    Les carreaux de céramique, très simples dans leur couleur et leur forme, rappellent que tout le travail d’Invader tient à une règle : un pixel, un carreau.

  • Barry McGee, Fuzz Gathering, 2021
    Barry McGee
    Acrylic and gouache on panel; 26 elements
    160 x 125 cm
    63 x 49 in
    Artworks

    Barry McGee

    Fuzz Gathering, 2021

    Barry McGee, né en 1966, est l’une des figures majeures de la scène de San Francisco. Il a commencé par le graffiti sous le nom de Twist et il est associé à la « Mission School », un groupe d’artistes du quartier de la Mission qui a mêlé la culture de la rue et art contemporain.
    Cette œuvre de 2021 est un assemblage de panneaux, chacun couvert d’un motif différent : losanges, damiers, cubes en perspective, grilles d’étoiles. Les couleurs vives, le rouge-orangé, le turquoise, le vert, créent un effet d’optique proche de l’op art. Au milieu de cette géométrie flottent quatre visages gris, aux sourcils froncés, les personnages emblématiques de l’artiste. Ces figures fatiguées évoquent les habitants de la ville, souvent marginalisés, que McGee observe dans les rues de San Francisco.
    La ligne du graffiti n’a pas disparu : elle s’est faite géométrique. Le même artiste qui taguait sous le nom de Twist construit ici des trames d’une grande précision, et place au cœur de cette rigueur une présence humaine, mélancolique. Cette œuvre montre que le graffiti a aussi une version côte ouest, plus graphique, qui rejoint les préoccupations de l’art contemporain.

    courtesy galerie Perrotin

    • Felipe Pantone Chromadynamica #133, 2021 UV paint on PMMA 150 x 330 cm 59 1/8 x 129 7/8 in
      Felipe Pantone
      Chromadynamica #133, 2021
      UV paint on PMMA
      150 x 330 cm
      59 1/8 x 129 7/8 in
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    • Maya Hayuk Kilim 106, 2025 Acrylic on baltich birch 91,5 x 122 cm 36 x 48 in
      Maya Hayuk
      Kilim 106, 2025
      Acrylic on baltich birch
      91,5 x 122 cm
      36 x 48 in
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    • Maya Hayuk Letterform "XYZ" #2 Acrylic on baltic birch 61 x 45.5 cm 24 x 17 1/2 in
      Maya Hayuk
      Letterform "XYZ" #2
      Acrylic on baltic birch
      61 x 45.5 cm
      24 x 17 1/2 in
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    • Miss Tic Ce qui ne s'ouvre pas au monde se ferme à la vie , 2017 Stencil on canvas 165 x 132 cm 65 x 52 in
      Miss Tic
      Ce qui ne s'ouvre pas au monde se ferme à la vie , 2017
      Stencil on canvas
      165 x 132 cm
      65 x 52 in
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  • Maya Hayuk, née à Baltimore en 1969, vit et travaille à Brooklyn. Fille de parents ukrainiens arrivés aux États-Unis comme réfugiés après la Seconde Guerre mondiale, elle s’est formée aussi à l’université d’Odessa. Peintre d’atelier et muraliste, elle s’est imposée comme l’une des grandes voix de l’abstraction dans l’espace public.
    Dans « Kilim 106 » (2025), acrylique sur bouleau de la Baltique, deux grandes croix se croisent au centre d’une composition parfaitement symétrique. Autour d’elles, des bandes de couleur s’emboîtent comme des chevrons, ce qui donne une profondeur, presque une vibration. Quelques coulures laissées visibles rappellent le geste du peintre. Le titre évoque le kilim, ce tapis tissé à plat dont la géométrie rejoint le travail de Hayuk. Elle puise dans les œufs ukrainiens (pysanky), les couvertures tissées mexicaines, les mandalas et l’art populaire d’Europe de l’Est, mêlés à la culture pop et au psychédélisme.
    Maya Hayuk est actuellement présente à Paris. Elle a réalisé deux murs, visibles en ce moment : l’un au centre Paris Anim’ Ken Saro-Wiwa, l’autre au Pavillon Carré de Baudouin, où elle présentera à partir du 7 novembre 2026 une importante exposition personnelle.


    Felipe Pantone, né à Buenos Aires en 1986 et installé à Valencia, a grandi en Espagne, où il commence le graffiti à douze ans sous le nom de Pant1. Son pseudonyme en est le prolongement : il n’a découvert que plus tard la coïncidence avec le nom de la célèbre marque de couleurs. Il s’est ensuite tourné vers l’op art et l’art cinétique des années 1960, avec Vasarely, Le Parc et surtout Carlos Cruz-Diez, avec qui il a travaillé, et il a transposé ce langage dans l’ère numérique.
    « Chromadynamica #133 » (2021) appartient à la série qui l’a fait connaître, dont le titre associe en grec la couleur et la dynamique. Sur plus de trois mètres de large, de longues diagonales noires, blanches, bleues, violettes et roses glissent en dégradés, comme coupées par de fines lignes horizontales qui rappellent un défaut d’écran. Chaque dégradé est en réalité composé de bandes très fines, juxtaposées comme des pixels étirés. Cette peinture UV sur PMMA donne à l’ensemble un éclat lumineux, presque immatériel.
    Ici, la ligne du graffiti devient celle d’un flux : vitesse, circulation de l’image, instabilité de l’écran. Pantone y voit une manière de réfléchir à notre époque, dominée par la technologie et le changement permanent, sans oublier que, selon lui, la main intervient toujours dans la machine.

    • Miss Tic L'art est un jeu, 2001 Stencil on canvas 100 x 100 cm 39 1/2 x 39 1/2 in
      Miss Tic
      L'art est un jeu, 2001
      Stencil on canvas
      100 x 100 cm
      39 1/2 x 39 1/2 in
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    • Swoon Kamayura Mylar blue / silver, 2015 Engraving, coffee-colored highlights, acrylic/linoleum/Mylar 239.50 x 152.50 cm Edition of 12
      Swoon
      Kamayura Mylar blue / silver, 2015
      Engraving, coffee-colored highlights, acrylic/linoleum/Mylar
      239.50 x 152.50 cm
      Edition of 12
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    • Swoon Dawn and Gemma, 2022 Sérigraphie 3 couleurs avec tache de café et embellissement unique à la main (lavis de gouache acrylique et bords déchirés à la main) 65x67cm
      Swoon
      Dawn and Gemma, 2022
      Sérigraphie 3 couleurs avec tache de café et embellissement unique à la main (lavis de gouache acrylique et bords déchirés à la main)
      65x67cm
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    • Swoon Edline, 2015 Sérigraphie contreplaquée et rehaussée à l'acrylique 74x61cm
      Swoon
      Edline, 2015
      Sérigraphie contreplaquée et rehaussée à l'acrylique
      74x61cm
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  • Chez Miss.Tic, la ligne a deux visages. Il y a celle que l’on découpe : au cutter, elle évide le carton pour ne garder que les zones à peindre, et le pochoir donne ce contour net, immédiatement reconnaissable. Et il y a la ligne écrite : un aphorisme qui accompagne la figure et la fait parler. Elle avait même fait de cette écriture une signature, dans un monde de la typographie longtemps masculin.
    Cette œuvre de 2017 arrive trente-deux ans après ses premiers pochoirs, au moment où paraît Flashback : 30 ans de création. Elle prolonge la poésie civique qu’elle a installée sur les murs de Paris. Disparue en 2022, Miss.Tic est reconnue comme l’une des fondatrices de l’art du pochoir. Ses œuvres sont entrées au Victoria and Albert Museum et au Fonds d’art contemporain de la Ville de Paris, et l’exposition « À la vie, à l’amor » lui a été consacrée en 2024 au Palais des Papes.


    Swoon, de son vrai nom Caledonia Curry, est considérée comme l’une des premières femmes à avoir atteint une large reconnaissance dans le street art. À 22 ans, étudiante à Pratt, elle colle en 1999 ses grandes gravures sur linoléum et sur bois sur les façades de Brooklyn et de Manhattan. Ses portraits, souvent ceux de proches, sont à échelle humaine, ce qu’elle appelle des « vessels of empathy ». En 2005, le MoMA acquiert ses premières œuvres. En 2014, le Brooklyn Museum lui consacre « Submerged Motherlands », première exposition personnelle du musée dédiée à une artiste de rue vivante.
    « Kamayura Mylar blue / silver » (2015) est une pièce importante. Le café, que Swoon utilise souvent comme pigment, donne ce ton chaud de papier ancien. Le titre renvoie aux Kamayurás, un peuple autochtone du Haut-Xingu, au Brésil. Comme dans ses projets en Haïti ou à Braddock, Swoon lie ici la beauté du trait à une conscience sociale et écologique : la ligne, gravée, hachurée, découpée, devient un acte de mémoire.

  • Graffiti by Dondi, aka Dondi White, in New York (Larger version of this image opens in a popup).
    Rammellzee et Jean-Michel Basquiat, credit photo Stephen Torton (Larger version of this image opens in a popup).
    Rammellzee (Larger version of this image opens in a popup).
    A-One aka Anthony Clark (Larger version of this image opens in a popup).
    Futura aka Lenny McGurr (Larger version of this image opens in a popup).
    Barry McGee (Larger version of this image opens in a popup).
    Invader in Paris (Larger version of this image opens in a popup).
    Felipe Pantone (Larger version of this image opens in a popup).
    Maya Hayuk at work (Larger version of this image opens in a popup).
    Swoon aka Caledonia Curry (Larger version of this image opens in a popup).
    Miss Tic portrait (Larger version of this image opens in a popup).

    Graffiti by Dondi, aka Dondi White, in New York

 

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